Journée Mondiale du Nettoyage : « Faire de Kribi une ville Propre »

Tel est le leitmotiv de l’association « Stop Pollution » en partenariat avec la Communauté Urbaine de Kribi et ces différents partenaires, qui ne cesse à travers les séances de ramassage et de collecte de déchets, de militer pour une cité balnéaire propre au quotidien.

La ville de Kribi a vibré au rythme de la 5ème édition de la Journée Mondiale du Nettoyage sous le thème : « Producteurs, distributeurs, consommateurs et recycleurs, tous réunis pour une cité sans déchets plastiques ». Une initiative de l’Association « Stop Pollution », en partenariat avec la Communauté Urbaine de Kribi et ces partenaires, qui a organisé à cette occasion une séance de ramassage et de collecte des déchets dans la cité balnéaire. Malgré la pluie, les populations sont sorties massivement pour poser un geste de nettoyage de leur belle cité. Elles ont ainsi arpenté les rues, les artères et les quartiers de la ville de Kribi arborant cache-nez, gangs et poubelles plastiques. Les plages n’ont pas été du reste dans cette forte sensibilisation des populations à adopter des gestes sains.

Kribi : Ville intelligente et propre

M. Georges Mesumbe Njume est le Chef de Cellule des Etudes, de la Planification Urbaine, Environnement et du Développement Durable à la Cuk. « Le Maire de la ville de Kribi, M. Guy Emmanuel Sabikanda, dans son initiative de faire de la ville de Kribi, une ville intelligente. Il a décidé que cette 5ème édition de la journée mondiale du nettoyage, toute la population, ses proches collaborateurs et partenaires doivent réunir ensemble pour faire de Kribi, une cité propre.  Raison pour laquelle, nous sommes sortis en masse dans les rues, les artères et les quartiers de la ville de Kribi, pour ramasser tous les déchets qui trainent au sol. Nous demandons ainsi à la population, d’accompagner toutes les actions qui visent à rendre la cité balnéaire propre. Nous devons faire la propreté tous les jours pour la ville soit propre ». Un avis que partage Idriss Engolo, Président Association Stop Pollution. « L’association Stop Pollution ait pu mobiliser autant de personnes avec l’aide la Communauté Urbaine de Kribi. Nous avons noté que la population de Kribi commence déjà à prendre au sérieux les problèmes liés au changement climatique et à l’insalubrité dans la ville. Au quotidien, nous sensibilisons les populations. Nous organisons également les séances de ramassage des déchets dans la ville. Pour le moment, nous n’avons pas assez de moyens pour recycler les déchets sur place. Nous faisons appel à une société qui est spécialisée dans le recyclage ».

Cependant, La ville de Kribi fait de plus en plus face à un problème de gestion de déchets. Dans les rues, les artères et les quartiers de la cité balnéaire, des tas d’ordures ménagères sont déversées sur les trottoirs au détriment des piétons. Les bacs à ordures disposés à certains points semblent n’être pas suffisants pour une collecte efficace des déchets. Les populations doivent parfois attendre plusieurs jours pour que la société en charge de l’hygiène et de la salubrité vienne collecter ces ordures ménagères. Elles font ainsi face à une pollution de l’air. Entre odeurs nauséabondes, mouches et insectes, le quotidien est pénible. Pourtant, pour de nombreux spécialistes de la santé, un environnement sain participe à avoir une population en bonne santé. « Aucune santé ne va sans propreté. Nous pensons que les Communes sont les maîtres pour ramener les populations à comprendre la gestion des déchets. Il faut comprendre que l’environnement qui nous entoure est particulièrement première cause de maladie. Les populations de Kribi essayent de comprendre ce que c’est que la gestion des déchets », a-t-on relevé au cours de la Journée Mondiale du Nettoyage à Kribi.

Catherine Aimée Biloa

Interview

« Nous collectons en moyenne 150 tonnes de déchets par jour à Kribi »

Honoré Soh, Chef d’Agence Hysacam de Kribi

Une journée mondiale consacrée au nettoyage. Pourquoi l’implication d’Hysacam, qui est la société d’hygiène et de salubrité au Cameroun ?

La mission régalienne d’Hysacam est d’assurer la propreté dans la ville de Kribi. Et sur ce, le Maire de la ville, ayant lancé une opération de nettoyage de la ville de Kribi, il était de bon ton que Hysacam soit associé à l’opération. Dans la mesure où, en amont, c’est nous qui assurons cette activité. En aval, c’est nous qui transportons les déchets pour les déverser sur notre site de transformation des déchets.

Comment arrivez-vous à gérer le stock important de déchets que nous avons au quotidien dans la ville de Kribi ?

Nous nous organisons à l’interne nous permet à ce jour de donner le meilleur service qualité qui soit pour la ville de Kribi. Nous avons une planification en termes de ressources humaines et de matériel, qui nous permettent aujourd’hui de couvrir la totalité des quartiers de Kribi, aussi des points critiques que sont les plages et bien d’autres. Avec le matériel que nous disposons, nous avons la possibilité 24h/24 de mener des activités de collecte et de traitement des déchets avec une très bonne assurance.

Quel est l’état des lieux que vous faites de la gestion des déchets dans la ville de Kribi ?

Nous pensons au niveau de la gestion des déchets dans la ville de Kribi, les efforts sont déjà faits et ils vont continuer à être faits. Nous avons malheureusement cette difficulté avec la population qui ne respecte pas les points de déversement des déchets. Elles ne disposent même pas des poubelles appropriées pour leur permettre de déverser les déchets. Notre challenge est de continuer dans la sensibilisation auprès des ménages auprès des populations, pour que nous puissions avoir une ville encore plus propre. Aujourd’hui, ce qui donne une allure mitigée dans la ville de Kribi, ce sont ces dépotoirs qui sont créés un peu partout.  On ne respecte pas les horaires de passages des camions, ce qui créé de gros soucis. Nous pensons avec le travail que nous menons aujourd’hui, les efforts sont faits et les populations progressivement adhèrent à notre programmation.

Qu’en est-il de la décharge de Mpangou qui semble aujourd’hui saturée ?

La décharge de Mpangou, au départ, avait une grande superficie. Aujourd’hui, au vue de l’occupation anarchique de la population, cette décharge a vu cette superficie réduite. Ce qui pose un problème d’espace. Une réflexion est menée avec la Mairie de la Ville est en cours pour la délocalisation de ce site. Nous avons espoir que cela se fera dans les prochains jours. Si cette délocalisation se fait, je crois que nous aurons un meilleur espace pour mieux gérer ces déchets.

Comment menez-vous vos activités face à cette situation ?

Pour le moment, le site n’est pas fermé. Il est ouvert. Nous continuons à mener nos activités quotidiennes. Nous avons un engin sur le site qui fait la poussée des déchets. Pour l’instant, techniquement, nous répondons aux préoccupations de la ville. Mais, avec le temps, il est important et urgent d’avoir une délocalisation du site de la décharge de Mpangou.

Quel est votre message à l’endroit des populations ?

Nous avons dans chaque quartier, des points de pré-collecte des déchets avec des récipients qui sont disposés pour pouvoir collecter tous les déchets possibles. Ce sont des bacs de 770 litres et 360 litres, qui sont des récipients de pré-collecte qui permettent à des personnes qui ont des quantités importantes de déchets de les déposer là-bas. Nous avons notre traditionnel rendez-vous avec la ménagère avec notre klaxon de camions avec lequel nous appelons les ordures. Nous souhaitons que les populations attendent sur place quand les camions passent. Ils klaxonnent quand ils passent et les populations viennent avec les ordures. C’est plus facile de collecter, au lieu qu’il ait des tas entreposés partout dans les rues de la ville de Kribi. 

Propos recueillis par Catherine Aimée BILOA

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