Santé environnementale en Côte d’Ivoire: le “CASE” lance le projet du plan d’action nationale pour l’éradication du mercure dans l’orpaillage

Dans de nombreuses régions rurales pauvres à travers le monde, des hommes, des femmes et des enfants travaillent dans des mines d’or artisanales pour gagner leur vie.

L’exploitation artisanale ou à petite échelle est une activité de l’économie informelle qui recourt à des techniques d’extraction rudimentaires nécessitant une main d’œuvre abondante. 
Selon les estimations, quelque 12 pour cent de la production mondiale d’or proviendrait des mines artisanales.Dans le processus d’extraction, les orpailleurs sont exposés au mercure, une substance extrêmement toxique, lorsqu’ils effectuent l’amalgamation du minerai aurifère et du mercure, brûlant ensuite l’amalgame pour récupérer l’or. Le mercure s’attaque au système nerveux central et se révèle particulièrement nocif. 


Les travailleurs risquent un empoisonnement au mercure, qui entraîne une série d’effets neurologiques, notamment des tremblements, des problèmes de coordination, des troubles de la vue, des maux de tête, des pertes de mémoire et des problèmes de concentration. Les effets toxiques du mercure ne se remarquent pas immédiatement mais se développent au fil du temps.
La plupart des orpailleurs adultes et enfants n’ont pas conscience des graves risques qu’ils encourent sur le plan de la santé en utilisant du mercure.« Les conséquences néfastes de son usage tant sur la santé que l’environnement ont fait l’objet de plusieurs évaluations approfondies conduisant ainsi à l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant pour réguler ce métal lourd. 


C’est alors qu’il a été mis sur pied le Comité de Négociation Intergouvernemental chargé d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur le mercure dont les travaux ont abouti en janvier 2013 au texte de la Convention de Minamata sur le mercure.  L’objectif de cette Convention est de protéger l’environnement et la santé humaine contre les émissions et rejets anthropiques de mercure et des composés mercuriels » a révélé lors d’un atelier tenu à Abidjan Dr Dominique Bally KPOKRO, Président du Centre Africain pour la Santé Environnementale (CASE).


Face à ce constat, le Centre Africain pour la Santé Environnementale (CASE) en collaboration avec le ministère ivoirien de l’environnement et du développement durable, a procédé au lancement du projet « Élaboration d’un Plan d’Action National pour l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle de l’or » dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention de Minamata sur le Mercure en Côte d’Ivoire.


Ce projet, financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), vise à développer un ensemble d’objectifs et stratégies multisectoriels pour réduire et si possible, éliminer l’usage du mercure dans l’exploitation minière artisanale et à petite échelle de l’or. La Convention de Minamata sur le mercure est un traité mondial visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les effets négatifs du mercure. Le Côte d’Ivoire a signé la Convention le 10 octobre 2013 et l’a ratifiée le 10 avril 2019. 
Parmi les points clés de la Convention figure la réglementation internationale du secteur de l’Extraction Minière Artisanale et a Petite échelle (EMAPE) d’or, formulée à l’article 7 et à l’Annexe C.L’objectif de la Convention, adoptée a Kumamoto, au Japon, est de protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et les rejets anthropiques de mercure et de composes du mercure.


Ainsi, CASE se positionne comme l’agence de mise en œuvre de la Convention de Minamata mais surtout l’agence d’exécution pour l’élaboration du PAN en Côte d’Ivoire.
Joël DALLY 

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