Je déclare la nature non coupable !

L’idiot pourrait également réaliser que la nature est muette. Qu’elle parle un langage bien différent du nôtre. Qu’elle ne réfléchit pas. Que sa beauté et sa générosité voilent sa dangerosité et sa cruauté. La nature est inapte au raisonnement, elle ne pense pas, ne pensera jamais, tout comme elle ne négociera pas une seule fois avec les Hommes. Il n y a que l’insouciance,
l’ignorance, la distraction, la négligence, l’obscurantisme, le mépris, le goût du risque, la facilité, la naïveté et la pauvreté mentale qui peuvent, nourrir l’ambition folle de démontrer que la connaissance du caractère de la nature est le lot des érudits, des grands savants et scientifiques de haut vol. Malheureusement, c’est bien l’approche polluée, illusoire et absolument
inexacte de la situation qui domine la sphère sociétale. L’Homme est incontestablement le maitre de la terre. Et, en gestionnaire prudent, il doit savoir pouvoir au préalable recenser, decomplexifier, avoir envie de
comprendre. Il doit pouvoir contrôler les circonstances, mais surtout anticiper elles. Au cas contraire, il devient « le vulgaire ». En 1984, 37 personnes ont perdu la vie suite à une éruption du lac Monoun, près
de Foumbot, dans le département du Noun, à l’Ouest Cameroun. Deux ans plutard, en moins de 48h, environ 2000 personnes trouvent la mort dans leur sommeil à Wum, dans le département de Menchum, région du Nord-Ouest Cameroun, suite à une explosion dans le lac Nyos qui laisse s’échapper un gaz mortel. Le premier sinistre aurait dû favoriser l’évitement du second au moyen des mécanismes d’anticipation. Au vu de cela, pourquoi et comment tenir la nature pour coupable ? C’est « le vulgaire » qui l’est ! Souvenez-vous des glissements de terrain
meurtriers de 1978 à Dschang, ceux de 1987 à Melong. Souvenez-vous de ces nombreux glissements de terrain survenus à Yaoundé en 1978 à Nkol-Bikok, en 1990 à Oyom-Abang, en 1998 au lieu-dit Messa Carrière. Impossible d’oublier les cas similaires survenus au cours des années
1989,1994 et 2001 à Limbé, en 2003 à Magha et à Poli dans l’Extrême-Nord. Avec un tel passé, ce qui s’est produit à Gouache 4 à Bafoussam ce 29 octobre relève du paradoxal. La nature ne peut être désigné
comme fautive. Le coupable, c’est « le vulgaire ». C’est celui qui périt faute de connaissances. Celui qui a méprisé et excédé l’environnement ignorant que le milieu naturel à ses surprises désagréables très souvent meurtrières. La nature n’a pas de sentiment. Le retenir, c’est faire preuve de sagesse. C’est choisir de protéger la vie qui est, en vérité un trésor inestimable et sans prix. La nature est un ordre. Faire l’aveugle, c’est prendre des risques, c’est choisir de s’offrir un destin de mouton de panurge. Destiné à finir dans un trou, englouti par un effondrement ou un glissement de terrain. C’est s’offrir en holocauste sur le tabernacle de la vengeance du milieu naturel, pour une fin qui très souvent, se veut tragique, sanguinolente, rythmée
William Tadum Tadum de cris et de grincements de dents. « Le
vulgaire », c’est celui qui vend ce terrain situé en zone hautement risquée. Il ne l’est pas moins que celui qui achète étant convaincu que c’est ce qu’il mérite. D’un autre côté, ceux qui gouvernent devraient faire l’impossible pour que, ce qui relève de l’inévitable fasse moins de dégâts. Ils doivent tout donner afin que, ce qui est évitable soit évité. Faire autrement, c’est faire « les vulgaires ». Certes, la nature pique des crises pour censurer les abus
Humains. Mais, pour ce qui est du drame de Gouache, j’accuse « le vulgaire !».