« Nos publics sont tous ceux qui sont les premiers victimes du changement climatique» 

Marc Rotge, Président fondateur Asefce International Oing et secrétaire général de l’association FIER des ODD.

Pouvez-vous nous présenter l’association FIER DES ODD ?

L’association de préfiguration du Festival Internationalisé Eclaté Régionalisé des Objectifs du Développement Durable est lancée en septembre 2020 par mon ami et frère Bernard GILLET soutenu par madame Catherine VERNIZEAU AKUE présidente de l’Oing MERVEILLES du MONDE avec la participation de ses représentants nationaux de Côte d’Ivoire et du Cameroun, et moi-même Président fondateur de l’Oing Afrique Solidarité Emploi Formation Création Entreprises International ASEFCE INTERNATIONAL avec le soutien de nos représentations nationales du Bénin et Togo. Elle agit sous forme de réseau fédérateur des initiatives locales entreprises par tant d’organisations qui malgré leur dévouement, leur savoir-faire… restent dans un large anonymat. Bernard s’est, depuis des décennies, investi dans la promotion de l’économie solidaire, le mouvement coopératif et mutualiste, le développement local en France et dans de nombreux pays africains. Ce qui nous rassemble avec Bernard c’est le constat de l’échec patent des politiques des “Coopérations Internationales ”entre l’Occident et l’Afrique et leur peu d’impact sur le sort quotidien de chacun. C’est également l’idée que l’auto développement local des communautés est le point de départ de toute progression de leur niveau de vie. J’ai souvent l’habitude de dire sur cette politique internationale de coopération qu’ “ Un aveugle ne peut pas construire la maison d’un manchot”. Par ailleurs je reste convaincu que cet auto développement local est possible que si les africains cessent de manger le pain que des mains étrangères leur tendent et prennent conscience de leur propre valeur, et de leurs talents.

Pourquoi organisez-vous le festival FIER DES ODD chaque année ?

L’organisation annuelle du Festival sert de vitrine à nos initiatives et sa mission consiste à mettre en lumière les activités des associations locales qui travaillent quotidiennement au plus près des publics fragilisés. Elles sont des milliers à se consacrer à la réalisation concrète des 17 Objectifs du Développement Durable, bien loin des projecteurs médiatiques des grandes rencontres internationales sur le sujet. Cette année nous avons intégré la Semaine Mondiale des Nations Unies GLOBAL WEEK To #ACT4SDGs qui se déroule sur la planète du 16 au 25 Septembre. Le Festival a comme particularité, ainsi que le mot FIER l’évoque, d’être décentralisé territorialement. Chaque participant a l’autonomie complète de décider du choix du ou des Odd qu’il souhaite illustrer selon ses principes habituels de fonctionnement. Les thématiques sont diverses et chacune s’oriente vers un domaine précis en respectant son propre objet social. Notre but est également de tisser un réseau Fier des Odd dans lequel les organisations participantes se retrouveront.

Quels sont les cibles visées tout au long de ce festival ?

Les publics visés sont ceux qui ont le plus besoin de solutions immédiates et pérennes qui améliorent leur vie. La situation sociale des femmes est une de nos préoccupations comme celle des enfants dont les filles en particulier mais à cela s’ajoute le développement des communautés rurales, et leurs familles paupérisées. Nous devons leur permettre d’accéder à l’information sur ce que sont les objectifs du développement durable et leur traduction concrète dans leur façon de vivre comme par exemple aménager un champ expérimental où les cultures sont enrichies par des engrais naturels à portée de main et non par l’usage d’engrais chimiques. Bien entendu, nous sommes également sensibles aux familles périurbaines et à leur précarité endémique… Pour résumer, nos “publics” sont tous ceux qui sont les premières victimes du changement climatique. Je pense souvent à ces grands personnages qui usent de grands discours lors des COP et autres symposiums, déployant tout leur art oratoire pour alerter l’opinion publique et qui rentrent chez eux en avion dans leur domicile climatisé. Si on leur pose la même question… je doute qu’ils puissent détailler quels sont les publics visés par leurs discours.

Quels sont les activités que vous prévoyez mener ?

Durant les 3 jours du Festival, comme je l’ai dit, chacune des 150 OSC organisera ce qu’elle souhaite selon les points d’intérêt qui sont les siens. La seule obligation est de respecter les thèmes des 17 Odd. Nous avons proposé une ligne commune à tous : La plantation d’un ou plusieurs “Arbres FIER des ODD”. Cet acte symbolique revêt une grande importance, afin d’illustrer “le Reboisement” qui, vous le savez, est un outil d’une efficacité redoutable dans la lutte contre le réchauffement climatique. Chacune des organisations est bien sûr invitée à associer les partenaires associatifs ou individuels avec qui ils ont l’habitude de travailler.

Quel est le résultat attendu au terme de ce festival ?

Les actions conduites seront rassemblées sur un espace numérique qui sera chargé de les communiquer, consultables et exploitables par tous. Chacune fera l’objet d’un compte rendu écrit que nous compilerons dans un document final qui constituera un appui pour des plaidoyers en faveur des organisations associées au réseau FIER des ODD International. Ce document sera bien sûr à disposition des OSC. Cette base permettra la permanence du Réseau FIER des ODD International, après la tenue du Festival, avec des représentations nationales dans les pays qui auront participé à l’événement. La mise en place d’un e-learning par webinaires de formation destinée aux cadres et agents communautaires des organisations participantes. La mise en œuvre de soutiens dans les démarches de chacune en direction de bailleurs.

Pourquoi avez-vous décidé de travailler avec les membres de la Société Civile d’autres pays ?

Par cette question, vous pointez le cœur même de nos motivations. Comme je l’ai expliqué précédemment, les OSC locales sont profondément enracinées sur leur territoire. Elles connaissent mieux que quiconque la réalité du quotidien de leurs familles, leurs voisins, leurs concitoyens. Chaque jour, avec le peu de moyens dont elles disposent, elles accomplissent un travail phénoménal pour le bien commun de leur communauté : Sort des enfants qu’elles conduisent vers l’éducation et l’instruction, assistance aux femmes par la mise en chantier d’activités génératrices de revenus, défense des droits civiques de chacun, accès à la santé des plus fragiles… elles sont légion toutes ces interventions quotidiennes méritant d’être promues, encouragées et soutenues. Nous sommes convaincus que l’efficacité vient avant tout de la base et non du sommet. A Asefce International, j’ai théorisé l’auto développement local. Il peut se résumer par l’attitude suivante : le changement commence lorsqu’on se lève le matin et que sur son pas de porte on décide de voir comment se porte son voisin et réfléchir à ce qu’il est possible de faire avec lui afin que cette journée soit meilleure que la veille pour soi et le reste de la communauté.

Que pouvez-vous dire à tous ceux qui vous liront ?

En conclusion de cet entretien, je veux m’adresser aux jeunes lecteurs de votre média qui sont par nature sensibles aux questions environnementales afin qu’ils s’investissent dans la vie associative. Ainsi ils peuvent argumenter auprès d’autres jeunes et les convaincre de participer à ce grand élan de la mobilisation des territoires sur lesquels ils vivent et participer ainsi au développement de leur propre communauté. Toutes les opportunités d’un meilleur futur sont entre leurs mains. C’est une satisfaction pour moi et tous ceux de nos amis de constater l’émergence d’une génération investie dans des projets de développement contribuant à une vitalité sociale qui brise enfin le carcan de l’attentisme et de la résignation. L’avenir de la Jeunesse Africaine n’est pas dans les bidonvilles des villes occidentales, n’est pas dans une main d’œuvre corvéable à merci pour accroître les dividendes d’actionnaires étrangers inconnus. L’Avenir Africain est en Afrique et la construction de ce futur passe en priorité par la protection de l’environnement de la planète bleue.

Propos recueillis par Albert BOMBA

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